Archive pour avril 2009
Section de Pau
Les Rapatriés de l’Agglomération Paloise ont commémoré leurs Disparus
L’inauguration, en novembre dernier, du “Mur des Disparus” à Perpignan, ayant rappelé douloureusement “l’oubli” palois de ce Devoir de Mémoire, la municipalité de Pau, répondant à notre demande, fit planter, près de notre stèle, un olivier au pied duquel fut installée une plaque commémo-rative en bronze portant inscription: “Aux victimes d’enlèvements en Algérie, civils, militaires, Harkis, disparus sans sépultures”. L’inauguration de cet “Arbre des Disparus”, symbole d’une Paix toujours à construire, a eu lieu le 27 septembre
Camp d’internement politique en Algérie ?
- Camp d’internement politique en Algérie ? A l’attention de P.A. B. (l’algérianiste n°12oho85).
C’est avec le plus vif intérêt que je lis toutes les réponses concernant les camps d’internement en Algérie. Des villages comme celui-de Carnot ont successivement hébergé des réfugiés espagnols en 1936, des soldats britanniques après 1940, des prisonniers italiens à partir de 1942. Mais que sait-on des Français d’Algérie internés en juin, juillet et août 1961 à Berrouaghia dans le vieux pénitencier agricole datant du XIXe siècle ? J’ai retrouvé dans mes archives une note succincte rédigée il y a quelques années sur ce gros bourg situé à 125 km au sud d’Alger. Des hommes dont certains très jeunes, des femmes qui n’avaient commis aucun délit y furent internés parce qu’ils étaient susceptibles de troubler l’ordre public. Certains de ces internés étaient des anciens de l’Armée d’Afrique et avaient combattu en Tunisie, Italie, France, Allemagne et Autriche, de 1939 à 1945. Certains de nos amis algéria-nistes se retrouvèrent dans ce pénitencier où les conditions d’existence étaient très pénibles. Sait-on s’il y eut des victimes ? Ne serait-il pas temps de réserver quelques pages de l’algérianiste, au souvenir de ces hommes? Je souligne que ces internés n’étaient accusés d’aucun délit (le fait du prince). Laisser sombrer définitivement leur souvenir dans un profond oubli, c’est ouvrir la voie à d’autres internements arbitraires.
Edgar Scotti 31000 Toulouse
Disparition d’un chef barbouze
Disparition d’un chef barbouze
Pierre Lemarchand est décédé le 30 décembre 2008, âgé de 82 ans. Pour ceux qui ont de la mémoire, son nom évoque un des épisodes les plus sombres de la guerre d’Algérie. Pour combattre l’OAS, par tous les moyens même les plus illégaux, l’envoi en Algérie de militants gaullistes inconditionnels aidés par dés éléments très suspects qui furent médiatisés sous le nom de “barbouzes”, ternie tiré des romans publiés dans la Série noire par Antoine Dominique Ponchardier, lui-même mêlé à cette entreprise.
Ce fut, on le sait, une lutte affreuse et meurtrière où Pierre Lemarchand, dans son autobiographie très complaisante, Barbouze du Général (Le Cherche Midi 2005), reconnaît avoir perdu une centaine d’hommes, le tiers de son effectif. On aimerait ne plus revenir sur ces pénibles souvenirs qui relèvent de l’histoire. A la limite dire que, comme dans toutes nos guerres civiles, il a pu arriver que la conviction voire le courage aient été partagés. Mais Pierre Lemarchand, dans ce qu’il a écrit et dans sa déposition devant la Commission d’Enquête sur le SAC, après la tuerie d’Auriol, n’a aucune indulgence pour ses adversaires. Ses hommes se seraient bornés à faire de l’autodéfense, n’auraient commis aucun excès (comme l’enlèvement, la torture et l’assassinat de l’ingénieur Petijean). Mais il admet, sans y attacher une grande importance, qu’il recevait des renseignements très précis sur l’OAS du FLN qui les recueillait le plus souvent du personnel domestique arabe servant dans les familles européennes. Lemarchand se bornait à les transmettre aux policiers “officiels” de la mission “C” qui en faisaient le meilleur usage
Push du 22 Avril
1. Louis Joxe rendra compte de l’épuration effectuée depuis la reddition de Challe, lors du Conseil des ministres du 3 mai : on dénombre alors deux cent vingt officiers relevés de leur commandement et deux cent cinquante fonctionnaires de leurs fonctions.
Extrait de: Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962 de B.Droz/E.Lever



