Disparition d’un chef barbouze

Disparition d’un chef barbouze

Pierre Lemarchand est décédé le 30 décembre 2008, âgé de 82 ans. Pour ceux qui ont de la mémoire, son nom évoque un des épisodes les plus sombres de la guerre d’Algérie. Pour combattre l’OAS, par tous les moyens même les plus illégaux, l’envoi en Algérie de militants gaullistes inconditionnels aidés par dés éléments très suspects qui furent médiati­sés sous le nom de « barbouzes », ternie tiré des romans publiés dans la Série noire par Antoine Dominique Ponchardier, lui-même mêlé à cette entreprise.

Ce fut, on le sait, une lutte affreuse et meurtrière où Pierre Lemarchand, dans son autobiographie très complaisante, Barbouze du Général (Le Cherche Midi 2005), reconnaît avoir perdu une centaine d’hommes, le tiers de son effectif. On aimerait ne plus revenir sur ces pénibles souvenirs qui relèvent de l’histoire. A la limite dire que, comme dans toutes nos guerres civiles, il a pu arriver que la conviction voire le courage aient été par­tagés. Mais Pierre Lemarchand, dans ce qu’il a écrit et dans sa déposition devant la Commission d’Enquête sur le SAC, après la tuerie d’Auriol, n’a aucune indul­gence pour ses adversaires. Ses hommes se seraient bornés à faire de l’autodéfense, n’auraient commis aucun excès (comme l’enlèvement, la torture et l’assassinat de l’ingénieur Petijean). Mais il admet, sans y attacher une grande importance, qu’il recevait des renseignements très précis sur l’OAS du FLN qui les recueillait le plus souvent du personnel domestique arabe servant dans les familles européennes. Lemarchand se bornait à les transmettre aux policiers « officiels » de la mission « C » qui en faisaient le meilleur usage

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