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Destruction de la stèle Algérie française de Marignane

La stèle érigée à la mémoire des morts tombés pour l’Algérie française a été enlevée du cimetière Saint-Lau­rent Imbert de Marignane dans la nuit du 17 au 18 no­vembre.

// ne nous reste même plus les yeux pour fleurer…

Dans un bref courrier à l’association propriétaire de la stè­le – l’Amicale pour la défense des intérêts moraux et maté­riels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française (ADIMAD) -, le maire (DVD) Eric Le Disses avait annoncé lundi soir que « la stèle serait déplacée du ci­metière Saint-Laurent Imbert le mardi 18 novembre ». Ce qui fut fait en catimini dans la nuit par les services munici­paux à l’aide d’une grue et de plusieurs compagnies de CRS, sous l’autorité du préfet des Bouches-du-Rhône.

« Quand nous sommes arrivés à 6 heures ce matin, elle était enlevée », a expliqué Jean-François Colin, président de l’ADIMAD. Une vingtaine de ses membres et sympathi­sants s’est rassemblée devant le lieu du sinistre, avec une banderolle : « Touche pas à ma stèle ! Destruction = profa­nation ». A la place de la stèle était posée un panneau annon­çant : « Edification prochaine d’un mémorial en l’honneur de nos mons de la guerre d’Algérie ».

« C’est la mairie qui a mis ce panneau, elle veut un monu­ment « œcuménique » sur la guerre d’Algérie, nous ne sommes pas d’accord, on ne veut pas mélanger les terro­ristes et les victimes », a déclaré Jean-François Colin. Tous les morts de la guerre d’Algérie ? Les barbouzes, les déser­teurs, les porteurs de valises, les fellagahs ? « Alors que le 11 novembre le président de la République a déclaré vouloir réhabiliter les mutins de 14-18, on détruit nos monuments à la mémoire de ceux qui ont voulu défendre la France », a-t-il poursuivi.

Posée en 2005 par l’ADIMAD, la stèle devait à l’origine porter les noms des quatre membres de l’OAS (Organisation armée secrète) condamnés à mort par les tribunaux mili­taires. Représentant un homme fusillé, elle mentionne seule­ment la date de leur exécution, ainsi que le massacre du 20 août 1955 de Français d’Algérie par le FLN, celui du 26 mars 1962 à Alger par le tir de l’armée française, et les mil­liers de disparus du 5 juillet 1962 victimes du FLN à Oran. Avec cette dédicace : « Aux combatants touchés pour que vi­ve l’Algérie française ».

Jean-François Gavoury, fils de l’ancien commissaire cen­tral d’Alger, est l’auteur de la seule demande déclarée rece-vable par le tribunal administratif pour faire enlever cette stèle. Elle devait être démontée aux termes d’une décision, en juillet, de ce tribunal de Marseille, qui avait donné quatre mois à la commune pour l’enlever, estimant qu’elle présen­tait « une dimension politique susceptible de heurter les usa­gers [sic]» du cimetière de la ville où elle est installée depuis trois ans, sans aucun problème après l’organisation d’une trentaine de cérémonies par des associations patriotiques… Souhaitant obtenir davantage de garanties juridiques, la mu­nicipalité avait sollicité le juge de référés du même tribunal administratif pour obtenir une décision l’autorisant claire­ment à démanteler la stèle. Le juge l’avait déboutée le 13 no­vembre dernier…

« S’abritant derrière une décision du tribunal administra­tif pourtant frappée d’appel…, (M. Eric Le Disses) a commis cet acte infâme en dépit de tous ses engagements pris envers l’ADlMADet au mépris d’une grande partie de son électoral, proteste un communiqué de l’association. Nous-considérons qu’il s’agit d’une voie défait sur une propriété privée et nous allons le faire constater par un huissier », ajoute son président, précisant que le tribunal de grande ins­tance d’Aix-en-Provence doit se prononcer le 2 décembre prochain sur une plainte de l’ADIMAD pour atteinte à la propriété privée. « On a déjà un maire courageux qui s’est proposé » pour accueillir la stèle tenue à la disposition de l’association propriétaire, annonce-t-il également. Au dam de M. Gavoury qui, en saluant la décision « courageuse » [!] du maire de Marignane, commente : « Je n’ai qu’un souhait, c’ est qu elle rejoigne le domaine privé, si elle est destinée à se retrouver sur le domaine public d’une autre commune, on n’aura/ait que déplacer le problème. »

Dans un communiqué de soutien à l’ADIMAD, Bernard Antony, au nom de Chrétienté Solidarité et de l’Institut du Pays Libre, a réagi de son côté à ce scandale de Marignane : « Cela constitue une nouvelle atteinte à notre mémoire na­tionale et une insulte supplémentaire aux harkis, aux pieds-noir s, aux femmes et aux mons pour que vive la France en Algérie. »

remi fontaine

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